Comment se fait la transmission du virus entre oiseaux ?
La contamination entre oiseaux se fait essentiellement par contact direct (matières fécales et secrétions respiratoires), mais elle peut être aussi indirecte par l'intermédiaire d'aliments ou d'eau pour oiseaux, qui auraient pu être accidentellement contaminés par des fientes d'oiseaux sauvages porteurs du virus, ou encore par divers matériels contaminés (vêtements, chaussures, véhicules de transport, cages, cartons, paille, ...).
La voie d'entrée du virus dans l'organisme de l'oiseau est la voie respiratoire, mais la voie digestive est également possible car le système digestif des oiseaux, contrairement à celui de l'homme, ne permet pas la destruction de ce virus.
Existe-t-il des tests de diagnostic rapide de la maladie chez les animaux ?
Des tests rapides à visée diagnostique existent. Ils permettent d'identifier si le virus de l'influenza aviaire est de sous-type H5N1.
Les tests rapides utilisés par les services officiels français reposent sur la technique dite "PCR".
Quels oiseaux peuvent être contaminés par le virus A(H5N1) ?
Ce virus peut toucher de nombreuses espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques.
L'infection est fortement contagieuse surtout chez les dindes et les poulets et peut entraîner une mortalité élevée dans les élevages atteints.
Les canards domestiques peuvent être des porteurs asymptomatiques ("porteurs sains"). Ils peuvent être porteurs du virus et le transmettre à d'autres oiseaux sans présenter pour autant les signes cliniques de l'Influenza.
Que signifie "confinement" des oiseaux et quand est-il mis en place ?
En raison du risque que présentent les oiseaux migrateurs, chaque éleveur et chaque propriétaire d'oiseau (de toute espèce) doit éviter tout contact direct ou indirect entre ses oiseaux domestiques et les oiseaux sauvages.
Les oiseaux domestiques doivent être maintenus dans des bâtiments fermés, qui peuvent être définis comme des espaces clos comprenant au minimum un toit étanche et des parois latérales interdisant toute entrée d'oiseaux sauvages Les filets posés au-dessus des parcours pourvu que leurs supports ne permettent pas aux oiseaux sauvages de se poser peuvent constituer une alternative au confinement.
L'alimentation et l'abreuvement des oiseaux doivent se faire à l'intérieur du bâtiment. Les bacs et matériels utilisés pour l'alimentation et l'abreuvement doivent être entreposés à l'abri également. Le but est d'éviter que des fientes porteuses du virus ne contaminent ce matériel qui pourrait à son tour infecter les oiseaux.
Dès que des cas sont détectés dans les couloirs de migration des oiseaux sauvages transitant en France, des mesures de confinements (ou systèmes équivalents) adaptées sont imposées par arrêté ministériel. Dans certaines zones dites à risque particulier ou sur l'ensemble du territoire si le niveau du risque le nécessite, tous les oiseaux détenus par des particuliers ou des éleveurs doivent être confinés ou élevés dans des conditions équivalentes (comme par exemple la pose de filets au-dessus des parcours), qu'il s'agisse de volailles ou gibier d'élevage ou de basses-cours, ou d'oiseaux d'agrément. Les volailles des élevages professionnels qui ne peuvent pas être confinées ou protégés par des filets devront être soumis à certaines conditions sanitaires énoncées par un guide spécifique appelé « guide de bonnes pratiques sanitaires » ; les espèces d'oiseaux d'ornement qui ne peuvent être protégées par confinement ou pose de filets devront être vaccinées suivant un protocole approuvé officiellement.
Le contrôle du confinement et des autres mesures de protection est réalisé par les services compétents (services vétérinaires, gendarmerie, etc.) de manière renforcée en fonction du risque épidémiologique.
Que signifie la déclaration obligatoire de basse-cour ?
Toute personne, physique ou morale, doit faire une déclaration en mairie pour indiquer le nombre d'oiseaux et les espèces qu'elle détient (poules, cailles, pigeons, faisans, perdrix, oiseaux d'ornement, dindes, pintades, canards, oies, ...).
Mon voisin n'a pas enfermé ses poules alors que le confinement est obligatoire. Que dois-je faire ?
Dans un premier temps, vous pouvez informer votre voisin de la réglementation en vigueur (obligation de déclaration en mairie et de confinement) et lui conseiller de consulter le site Internet du ministère de l'Agriculture.
Si votre voisin ne tient pas compte de ces informations, le mieux est d'avertir la mairie ou la Direction départementale des services vétérinaires (DDSV) et, éventuellement, la gendarmerie.
Les pigeons dans nos villes doivent-ils être considérés comme un facteur de risque ?
Dans la plupart des villes, on trouve des oiseaux, notamment des pigeons, et dans certains parcs et espaces publics, des cygnes ou des canards. Que ce soit pour les personnes ayant un contact occasionnel - riverains et promeneurs - ou pour les personnes ayant un contact plus fréquent avec ces volatiles - personnels chargés de l'entretien des parcs et jardins municipaux -, le risque est nul à négligeable.
Cependant, les mesures de précaution suivantes sont recommandées :
- ne pas nourrir les pigeons et autres oiseaux dans les parcs et espaces publics,
- éviter de provoquer des attroupements d'oiseaux autour de soi,
- ne pas toucher les oiseaux trouvés morts,
- en cas de contact avec un oiseau mort, éviter de porter les mains au visage et les laver soigneusement avec de l'eau savonneuse.
Y a t-il des instructions particulières prévues pour les pigeons voyageurs ?
Sur la base de l'avis de l'Afssa du 12 septembre 2006, des mesures peuvent être imposées par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche en fonction du niveau de risque sanitaire identifié. Ces mesures peuvent aller jusqu'à l'interdiction de rassemblement, la suspension des lâchers et des manifestations sportives.
Hormis les oiseaux, quelles autres espèces animales, l'influenza aviaire peut-elle infecter ?
De manière beaucoup plus rare et dans des circonstances particulières, d'autres espèces peuvent être contaminées : les félidés (ex : tigres, chats...), les mustélidés (ex : furets, hermines, vison).
Quel rôle joue le porc dans une possible mutation du virus ?
Le porc est un animal réceptif à la fois aux virus aviaires et aux virus touchant les mammifères, notamment les souches humaines. L'espèce porcine peut donc théoriquement servir de « creuset » pour le mélange du matériel génétique des virus humains et aviaires et l'apparition d'un nouveau sous-type.
L'Agence des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) constate qu'aucun lien n'est établi entre l'épidémie de grippe aviaire actuelle en Asie et une possible contamination des porcs par le virus A(H5N1).
Est-ce que mon chat peut attraper la grippe aviaire ?
Dans les zones exemptes d'oiseaux infectés par le virus, le risque d'infection du chat est nul. Dans des zones fortement infectées, la contamination des chats a déjà été observée et jusqu'à maintenant, aucun cas humain d'infection par le virus A(H5N1) de la grippe aviaire n'a été lié à un contact avec un chat malade.
Quelles précautions prendre pour mon chat et mon chien quand il existe des cas d'influenza aviaire en France ?
Dans les zones touchées qui sont alors très précisément définies par la Préfecture du département concerné (oiseaux sauvages ou élevages infectés par le virus A(H5N1) hautement pathogène), les mesures suivant visent à éviter les contacts directs entre les chats, les chiens et les oiseaux :
- les chats et chiens domestiques doivent être maintenus sous le contrôle effectif de leur propriétaire - chien en laisse, chats enfermés ;
- toute mortalité anormale de chats doit faire l'objet d'une investigation vétérinaire approfondie afin d'en déterminer la cause et d'objectiver un lien éventuel avec le virus A(H5N1) hautement pathogène.
Où a été découvert en France le premier cas d'oiseau sauvage contaminé par le virus A(H5N1) ?
Le premier cas d'oiseau contaminé par le virus A(H5N1) a été décelé sur le territoire national le 17 février 2006. Il s'agit d'un canard sauvage (fuligule milouin) retrouvé mort dans le département de l'Ain, dans les zones humides de La Dombes. Cette zone fait partie des régions du territoire français où une surveillance renforcée est en place car elles sont situées sur le trajet des oiseaux migrateurs.
Que faire des oiseaux morts ? A qui les signaler ?
Il est possible de découvrir dans la nature ou en ville des oiseaux morts dont la cause peut être due à la vieillesse, un accident ou une maladie. Toutefois, en présence d'influenza aviaire sur notre territoire, une vigilance particulière et un comportement précis doivent être adoptés :
1 / D'une manière générale, toute personne qui voit ou trouve un oiseau mort ne doit pas y toucher. Elle doit prévenir la mairie la plus proche ou la Direction départementale des services vétérinaires (DDSV) ou l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ou la fédération départementale des chasseurs.
Les services vétérinaires se chargeront d'enregistrer toutes les mortalités déclarées dans le département et de décider s'il est ou non nécessaire suivant les critères énoncés au paragraphe suivant de transmettre les cadavres d'oiseaux à un laboratoire d'analyse et d'autopsie (LVD). Dès lors que l'autopsie ne permet pas d'établir une cause évidente de la mortalité (électrocution sur une ligne électrique, présence de plomb de chasse dans les oiseaux....autre que l'influenza aviaire), le Directeur départemental des services vétérinaires décide de mettre en œuvre la recherche de l'influenza aviaire.
Le LVD procède, dans ce cas, aux prélèvements nécessaires qui sont envoyés systématiquement vers le laboratoire agréé pour les recherches virales dans un délai de 48 heures maximum (10 laboratoires en France).
2 / En cas de suspicion d'Influenza aviaire La découverte de plusieurs oiseaux morts sur un même site (qui peut être défini par un rayon de 500 mètres) peut laisser supposer une cause « suspecte » de mortalité si par ailleurs :
les mortalités sont concentrées sur une courte période, c'est à dire dans la même semaine ;
le nombre d'oiseaux morts est significatif c'est à dire plus de 5 oiseaux découverts,
les oiseaux morts appartiennent à la même espèce ou famille,
aucune autre cause évidente de mortalité ne peut être établie (empoisonnement, électrocution sur une ligne électrique, présence de plomb de chasse dans les oiseaux, etc...). Les mortalités sont d'autant plus suspectes qu'elles concernent des espèces particulièrement réceptives : cygnes, canards, ... Il est dès lors impératif de prévenir dans les meilleurs délais les autorités compétentes. Le même dispositif de diagnostic et de recherche d'influenza aviaire sera diligenté.
Que dois-je faire des nids d'oiseaux migrateurs qui sont des espèces protégées ?
Vous pouvez laisser les oiseaux faire leur nid sur le toit de votre maison. Cependant, si vous possédez des oiseaux de basse-cour, vous devez vous assurer que leur alimentation et leur eau ne soient pas souillées par des fientes, plumes ou autres excrétions.
Comment contrôler efficacement le commerce illégal d'oiseaux ?
Le commerce international d'oiseaux est très réglementé. Les services vétérinaires et les services des douanes s'assurent aux postes frontières du respect de cette réglementation.
L'importation en contrebande d'espèces protégées est considérée comme un délit douanier entraînant la confiscation totale et une amende.
De même, l'importation d'oiseaux sans respecter les règles sanitaires est passible de sanctions pénales.
Comment s'effectue la surveillance sanitaire des oiseaux sauvages (migrateurs ou sédentaires) ?
La surveillance de la mortalité des oiseaux (migrateurs ou non) est coordonnée par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), grâce notamment au réseau SAGIR qui étudie les causes de mortalité de la faune sauvage, y compris des espèces de gibiers. Ce réseau d'épidémio-surveillance est animé par l'ONCFS et les fédérations départementales des chasseurs.
Outre la surveillance des oiseaux trouvés morts, un plan de surveillance des oiseaux vivants a également été établi par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche et l'ONCFS. Des prélèvements (écouvillons cloacaux et trachéaux) sont réalisés sur des oiseaux capturés puis relâchés ou tués à la chasse. Ces prélèvements font l'objet d'analyses par un laboratoire spécialisé.
Dans les parcs ornithologiques et zoologiques, quelles sont les mesures de prévention mises en œuvre ?
Les oiseaux détenus sont vaccinés lorsqu'ils appartiennent à une espèce qu'il est impossible de maintenir isolée d'un éventuel contact direct avec les oiseaux sauvages.
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Image : C.N.R.S.
© Le Harzer Lorrain de Thionville
